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Les CHARITABLES de SAINT-ÉLOI de BÉTHUNE
Plan Parc Quinty
PLAN Parc Quinty
ECUSSON CHARITABLES
ÉCUSSON
VITRAIL CHARITABLE
VITRAIL
stèle Germon et Gauthier parc Quinty Beuvry
STÈLE
chapelle Germon et Gauthier parc Quinty Beuvry
CHAPELLE
Leur DEVISE : Exactitude, Union et Charité
  • Toute l'année les Charitables de Béthune escortent les défunts, de toutes religions ou athées
  • La confrérie de Béthune est une des plus anciennes de France
  • Il a existé en tout 95 confréries des Charitables dans la région de Béthune, dont trente environ sont encore actives
  • La confrérie est aujourd'hui une association loi 1901
  • Elle survit grâce aux dons de particuliers et dont tous les membres sont bénévoles
  • le doyen est appelé "le vénérable"
  • À l'origine : en l'an 1188 une épidémie de peste noire endeuille la région. Deux maréchaux-ferrants, Gauthier et Germon, le premier de Béthune et l'autre de Beuvry, se rencontrent devant une source située entre ces deux villes. Ils vont obéir à Saint Éloi, patron des forgerons, qui leur était apparu en rêve et leur demandant "de fonder une charité afin d'enterrer tous les morts", tout en leur assurant que "Le fléau n'approchera point de vous, ni même de vos demeures". La Confrérie des Charitables de Saint-Eloi est alors fondée grâce au soutien de Robert V de Béthune et du moine Rogon. Elle se charge de donner du pain aux pauvres, des soins aux malades, de consoler les mourants, d'ensevelir les morts et de leur donner une sépulture
  • Jusqu'en 1573 les prévôts étaient systématiquement des maréchaux-ferrants. Les autorités municipales et l'évêché s'en mêlèrent et d'autres professions furent admises
  • En 1853 la confrérie devient laïque, les charitables ayant refusé de faire allégeance à l'évêque d'Arras
  • En 1904 : la loi sur les inhumations accorde aux communes le monopole des pompes funèbres, mais à Béthune les funérailles se passent en bonne entente avec celles-ci
  • Depuis la seconde guerre mondiale les hommes en noir (à noter la NON-mixité) accompagnent au lieu de culte ou au crématorium les défunts sans distinction de religion (catholiques, protestants, juifs, musulmans…) ni d'origine sociales. Ils assistent à la messe, puis (dans le cas de l'enterrement) ils mettent le cercueil sur une charrette et conduisent le défunt au cimetière
    Bien sûr, tout cela ne peut se faire que si la famille n'a pas exprimé refus

L'HABIT

    L'HABIT actuel est en vigueur depuis 1850 : Bicorne noir, costume noir (veste queue de pie, gilet et pantalon), mantelet doté d'un col plissé sur le dos, chemise blanche, bavette bleue, nœud papillon blanc, gants de coton blanc, pour l'été imperméable noir au col brodé d'un double C doré et cape l'hiver
  • Le bicorne : il remplace le tricorne de l'Ancien Régime et se porte pointes sur le côté. La version béthunoise, en feutre, se reconnaît à un ruban noir maintenu par un bouton
  • Le nœud papillon : aucune symbolique connue
  • La bavette bleue signifie que les charitables sont autorisés à manipuler les corps des défunts
  • La queue de pie : la veste est en drap, avec des revers en soie et un plissé dans le dos
  • Les gants : blancs, ils sont plus fins en été. Les Charitables ne touchent jamais un cercueil ganté, excepté aux funérailles d'un enfant où ils restent gantés en permanence

Les RITUELS

  • La quête des petits plombs une fois par an, entre mai et juin, sert à constituer 240 colis d'urgence. Au Moyen Âge, ce sont des "méreaux", des pièces de plombs, qu'on troquait contre une obole
  • Portes ouvertes : fin juin, la Chambre des Charitables (sise rue des Charitables) s'ouvre au public. Cela coïncide avec la fin d'exercice du prévôt (le "chef") et à la fête des reliques de saint Éloi
      † Les Charitables appliquent sur votre joue les reliques à l'effigie de Saint Éloi, en prononçant ces mots "Que Saint-Éloi vous protège", en retour vous pourrez faire un don pour leurs œuvres sociales, l'entretien et la rénovation de la chapelle de Quinty (édifiée au XIIIème siècle près du lieu où se sont rencontrés Germon et de Gautier)
  • Les Registres Le compte-rendu de chaque réunion y est consigné dans "les grands livres" aussi appelés les "cinquantenaires" car on en ouvre un nouveau à chaque demi-siècle. Le plus ancien sauvé remonterait à 1578. Aujourd'hui les textes sont tapés à l'ordinateur en plus d'être manuscrits
  • La procession à naviaux où se rejoue la fondation en 1188 de la confrérie. Elle a lieu en Septembre, le dimanche suivant la fête de saint Mathieu. Les deux Chambres, celle de Béthune et celle de Beuvry, se retrouvent au parc Quinty, rue de Lille, là où Germon et Gauthier se seraient rencontrés. Les Charitables portent à cette occasion une baguette blanche ornée de thym (pour éloigner les microbes), de buis béni aux Rameaux, et des fleurs dont le parfum doit dissiper les odeurs des morts. Les Charitables se relaient pour porter le buste de Saint-éloi, celui qui porte la cloche la fait tinter tous les 50 pas pour signaler le changement du porteur de saint-Éloi
    • Trois fleurs naturelles évoquent leur devise, Exactitude, union et charité
    • Naviaux signifie navets, les Charitables utilisant ces légumes pour se protéger des maladies
  • Le "rond" : Cérémonial qui suit les funérailles. Les charitables se réunissent sur un cercle matérialisé dans le pavé, devant le lieu de culte ou à l'entrée du cimetière. C'est le temps de distribuer les "bouquets", ces amendes du "chéri" du prévôt dont le rôle est de repérer qui a failli : gants tâchés, bicorne de travers... L'amende est symbolique, disons 50 cts, et la cagnotte aide à financer le "jambon du chéri", repas annuel réputé frugal
  • Quand les Charitables perdent un des leurs, ils l'escortent à la tombe
  • Un peu avant l'entrée au cimetière le cercueil est secoué, c'est un ultime salut à celui qui s'en va
d'après un article de La Voix du Nord (20/07/17) et les textes d'Isabelle Mastin